Une équipe de pédiatrie accueille les orphelins lors de groupes de parole à La Grave

GRAND TOULOUSE

Mercredi 25 janvier 2012 écrit par Julie Rimbert

 

DES ATELIERS POUR LES ENFANTS EN DEUIL

 

Des groupes de parole pour les enfants ayant perdu un frère, une soeur ou l'un de leurs parents. C'est l'initiative, unique en France, mise en place par l'équipe d'Agnès Suc, pédiatre à l'hôpital des enfants.

 

Des émotions très fortes

 

Ces ateliers, intitulés "Histoire d'en parler", ont lieu en groupes de six à dix enfants, âgés de 6 à 18 ans. Après un entretien de la famille et de l'enfant avec un pédopsychiatre et un pédiatre, deux thérapeutes animent ces rendez-vous qui se tiennent une fois par mois, pour une durée totale de quatre mois. "Les enfants échangent entre eux et mettent des mots sur la douleur psychique qu'ils contenaient jusqu'alors en silence, explique Agnès Suc. Durant une heure et demie, ils partagent un point commun: le deuil. Ces groupes ne sont pourtant pas tristes, même si les émotions transmises sont très fortes". Lors de ces ateliers, les enfants dessinent, peignent, font des collages ou travaillent au modelage de la terre. "Souvent, l'enfant va bien en apparence mais il vit en fait une souffrance terrible, poursuit le médecin. Je me souviens de cette fille de 11 ans qui a pleuré pendant trois semaines la mort de son lapin. Elle avait prdu son papa trois ans auparavant et avait tout refoulé". Les ateliers ont lieu à l'hôpital La Grave, pour éviter les souvenirs liés aux lieux d'hospitalisation que sont Rangueil et Purpan. "Certains dessinent le parking du CHU car c'est ce qu'ils retiennent du décès d'un proche, confie Isabelle Blandin, psychologue. Les enfants sont très assidus. On observe alors un mouvement de réanimation psychique qui leur permet de se sentir moins isolés". Durant les ateliers, les parents sont accueillis par deux bénévoles de l'association Soutien Présence Midi-Pyrénées. Deux fondations (APICIL et OCIRP) financent ce projet pour un montant global de 60000 € sur trois ans.

 

Chaque semaine, trois à quatre enfants sollicitent ce service. Car, cela se sait peu, mais les orphelins représentent en moyenne un enfant par classe. Une plaquette d'information et un site Internet viennent d'être réalisés pour informer le public de cette initiative.