Une cellule unique en France pour l'accueil des enfants endeuillés

CHU la Grave

 

Cette unité de l'hôpital La Grave reçoit jusqu'à quatre demandes par semaine, pour des enfants âgés de 6 à 18 ans

 

Aider les enfants à surmonter le deuil, tel est l'objectif de l'unité « Histoire d'en parler » à l'hôpital La Grave. Cette structure, unique en France, accueille ceux qui ont perdu un parent, mais aussi un frère ou une soeur. Avec l'appui d'associations, la pédiatre Agnès Suc a mis en place dès 2006 ces premiers groupes d'entraide. Étalés sur quatre mois, il s'agit d'ateliers d'expression (dessin, mandala, collages et travail de la terre) et d'écoute. Deux thérapeutes encadrent les séances, entre rires et émotions. « L'enfant a besoin de savoir qu'il y a un espace pour lui et quelqu'un pour écouter sa souffrance » explique Nathalie Aulnette de la fondation Ocirp. Une situation ignorée par l'école, qui n'est même pas mentionnée dans les dossiers scolaires.

 

"Éviter que les choses ne se figent"

 

La perte d'un proche, sujet toujours tabou, est souvent masquée par l'enfant. Pourtant, la souffrance est terrible. Ici, parole leur est donnée, spontanément, à travers le dessin par exemple. Une approche psychologique pour se resituer, partager une expérience... En somme, pour ne plus se sentir seuls. Pour Isabelle, l'une des psychologues du service, cet espace est « le moyen pour les enfants de subjectiver quelque chose et de renouer un lien social ».

 

Perspectives

 

L'unité est financée par les fondations Apicil et Ocirp, à hauteur de 60 000 € pour trois ans. « Sans ces financements privés, nous n'aurions pas pu créer ces groupes d'entraide. L'argent reste hélas le nerf de la guerre » explique Agnès Suc. « Nous avons jusqu'à quatre demandes par semaine. Les enfants en deuil sont nombreux. Il faut absolument que d'autres cellules de soutien soient créées. Nous sommes des starters, mais nous avons besoin de relais ».